Posted in Bien-être Non classé

UNE NUIT CAUCHEMARDESQUE

UNE NUIT CAUCHEMARDESQUE Posted on 8 août 2021Leave a comment

J’ai le regard hagard, je me cherche, je ne comprends pas, j’ai mal, des douleurs dans tout le corps, j’ai des difficultés à respirer, je suis épuisé. Tout-à-coup, je vois le reflet de mon visage dans la vitre arrière du véhicule de pompiers qui me transporte aux Urgences.
Une multitude d’images et d’angoisses me traverse l’esprit. Comment vont mes amis? Comment vont-ils se sortir de cette situation? Comment rassurer ma chérie ainsi que les gens que j’ai laissés sur place?
Je n’arrive pas à joindre mes parents, j’ai besoin de leur présence, je n’ai plus de moyen de communiquer.

Nous sommes dimanche, 1h du matin et je retrouve enfin mes quatre camarades à l’hôpital. Je suis à la fois rassuré de les retrouver, mais très inquiet de la situation et des diagnostics. Alors pour rassurer tout le monde, je plaisante, j’essaie de détendre l’atmosphère, de dédramatiser.
Les résultats tombent, je m’en sors avec des contusions et beaucoup d écorchures. Rien de trop grave.
Quant à mes amis, en plus des commotions, ils se retrouvent avec pour l’un, le nez cassé et une opération à programmer dans les semaines à venir, le second des dents cassées et le troisième une entorse aux cervicales.
Sur le matin,  j’ai enfin réussi à joindre mes parents et à partager avec eux les événements de la nuit dernière. Nous sommes convoqués à la gendarmerie dès notre sortie de l’hôpital pour nous expliquer et déposer plainte.
Le lendemain, j’ai un besoin viscéral d’écrire sur les événements qui se sont passés dans la nuit de samedi à dimanche.

Nous avons organisé une soirée « pour célébrer la réussite du BAC », dans la villa un peu isolée des parents de ma copine. Vers minuit, deux individus de notre âge, connus par la majorité des invités, se présentent et essaient de s’inviter à la fête. Ma copine leur demande de quitter les lieux car ils se trouvent dans un lieu privé.  Le ton monte, j’interviens et là, je reçois un coup de poing. De colère je me mets à  rendre un certain nombre de coups, jusqu’à ce que ces gars dégagent.
Une demi-heure plus tard, je sors de la salle de bain après m’être désinfecté. Je vois une quinzaine d’individus qui sèment le chaos en s’en prenant aux garçons présents. J’accours pour leur porter secours et je vois un attroupement qui veut s’en prendre à moi. J’en bouscule un violemment, je brise la chaise sur le visage du second, je me retrouve au sol et là plus rien, jusqu’au moment, où plus personne… Ils ont quitté les lieux en emportant mon téléphone.
Très rapidement les pompiers et le PSIG  » Gendarmerie  » interviennent.

Après mes écrits du lendemain, je cherche à  comprendre et à mettre en relation les événements vécus avec les émotions qui m’ont traversé les jours précédents.
Tout d’abord…
La première bagarre, je la mets en relation avec ma copine, qui avait beaucoup de difficultés à me dire certaines choses pour ne pas me déranger.
Ensuite, le groupe qui a pénétré la propriété. Ils avaient été manipulés par le garçon  que j’avais frappé. Il leur avait dit que je lui avais volé des affaires et que tous les garçons s’étaient rués sur lui pour le cogner.
L’évènement correspond au fait que mon amie me mente depuis un certain temps en maintenant le contraire. Elle vivait cette information cachée comme une intrusion dans son intimité.
Les jours précédents l’événement, j’étais épuisé, en colère et souvent en conflit avec moi-même.
Une partie de moi qui ne veut pas grandir et rester encore un peu dans ce monde d’enfant et l’autre qui me dit que c’est le moment pour basculer dans le monde d’adultes.

Cette introspection m’a permis de soigner mes douleurs psychosomatiques et physiques, de mettre des mots sur mes maux et à la surprise générale, pratiquement plus aucune trace des violences n’apparaissait lors de ma convocation devant le médecin légiste trois jours plus tard.

Je ne souhaite à personne de vivre une épreuve pareille mais je pense que la compréhension des événements subis, peut permettre de mieux comprendre les émotions que nous vivons quotidiennement et à quel point elles peuvent avoir des répercussions inattendues sur les évènements de nos vies.
En un mot, soyons conscients de ce que nous créons. 

RECIT DE JEROME, 17 ANS.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.