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Le 4ème pouvoir

Le 4ème pouvoir Posted on 1 mai 2020Leave a comment

Je vous écris du continent américain.

Ça fait 5 ans environ que j’ai quitté la France .

En premier lieu par opportunités professionnelles, mais aussi par fuite, par peur de revivre un nouveau confinement ainsi que par opposition au 4 ème pouvoir. « Après le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif et le judiciaire. Le 4 ème: les médias » .

Je me souviens, Il y a 20 ans, on entrait en confinement pour une durée d’environ 55 jours.

Nos vies basculaient dans l’inconnu .

De la Chine, lointaine et mystérieuse à L’Italie tout près de nous, la vague se rapprochait inexorablement dans une incrédulité du danger quasi-totale en France et dans le reste des pays non encore touchés .

Et on leur emboîtait le pas, suivi de quelques jours par plus de la moitié de l’humanité.

Une guerre qu’ils nous ont annoncé !

Une débandade, un flot de stupeur, de peur, de sidération a envahi le pays, surtout la première semaine. Puis retour progressif à la réalité, celle que chacun a mis en place, dans une nouvelle organisation mêlée de frustration, de confusion, de bonheur, de calme, de colère, de dégoût, de violence sourde, de partage….

La situation était surréaliste : les soignants à l’agonie auprès de malades en détresse et toujours plus nombreux, et nous, citoyens confinés et impuissants. Notre seul rapport à l’événement était constitué par les médias. Du lit d’hôpital au moindre spécialiste, à la vie de la société. Les médias sont omniprésents, enfin la télévision surtout et internet.

Ils ne sont pas soumis au confinement. Ils vont partout, épient tout, relatent tout , analysent tout , transmettent tout …

Tout ?

Ou trop ?

Ou ce qu’ils veulent ?…

Des voix s’élèvent : des complotistes, des extrémistes, des savants, des penseurs, des rien-du-tout ….Comme d’habitude : tout le monde a une opinion sur tout et sur rien en Occident.

Puis la libération, la sortie progressive du confinement .

Tout n’est pas revenu à la normale, comme avant, mais on est libre d’aller et venir, de se déplacer , de se rencontrer à nouveau.

Les peurs restent inscrites sur les visages. Il aura fallu beaucoup de temps pour se rapprocher des autres, les toucher, les embrasser. Le mal était passé mais les gens préféraient rester chez eux malgré les distances de sécurité et le port du masque obligatoire tant que l’épidémie perdure. Tout ceci resta dans les habitudes de certains..

Le temps passe et la vie semble reprendre son cours.

Mais voilà, le choc a été violent, subi et gigantesque.

Plus jamais ça !

Bien entendu, personne ne voulait être à nouveau confronté à cette panique par manque de préparation et de moyens.

Alors, on a mis les moyens…

Le premier bénéficiaire à été le secteur médical. La population a passé la période avec un smartphone à la main et c’est en toute logique que la technologie a pris le pas sur l’éthique avec l’assentiment du plus grand nombre. Le smartphone servait au début de vérificateur de positionnement, mais très rapidement les données ont été utilisées sous le couvert des résultats des tests au virus.

Le télétravail testé à l’échelle de l’humanité en raison de la crise sanitaire a pris une place inégalée.

La télévision est devenue l’objet central de l’habitat avec en appendice le téléphone pour ne pas perdre une miette de notre connectivité.

Les balbutiements de la visio conférence ont vu naître son apogée très rapidement; d’abord réservée aux réunions professionnelles, elle s’est développée telle qu’on la vit aujourd’hui: la norme en terme d’échanges humains.

La crise du coronavirus a mis en place ce qui s’appelait la « distanciation sociale » pour limiter la propagation du virus.

C’est devenu quasiment notre forme de vie sociale.

L’arrêt brutal de l’économie mondiale sur la moitié de l’année 2020 a créé une crise économique sans précédent. L’Europe a mis presque 5 ans à s’en remettre. La mondialisation des acteurs économiques a été abandonnée telle qu’on avait pu la connaître. Ce système avait atteint ses limites avec le coronavirus. Les Etats n’ont pas su s’unir pour une cause commune, mais ont préféré abandonner les pays voisins pour une politique de repli. Et c’est de là que la population bien guidée par les médias a fait des choix orientés sur du protectionnisme.

Alors, l’économie s’est organisée par zone et l’écologie en est sortie victorieuse.

Les pouvoirs ont incité les citoyens à consommer différemment et local .

La possession d’objets tels que des voitures « à l’époque diesel » est devenue obsolète . Les pouvoirs ont développé l’accès de moyens de transport partagés et de contrôle , de tout type, tel qu’ils existent aujourd’hui : voitures , trottinettes, vélos, drones…

Les déplacements se sont tellement réduits.

La grande gagnante dans l’histoire c’est la nature. Avec la diminution de l’industrie, le service à domicile et le commerce en ligne où le moindre objet vous est proposé et livré . Le système mis en place permet la diminution drastique des déplacements. Donc moins de pollution.

Et puis…

10 ans plus tard. il y a eu la réplique.

Un nouveau virus diffusé par un État malveillant.

L’issue technologique a fait ses preuves : les drones de surveillance et de verbalisation ont interdit de sortir à telle ou telle personne , tout le monde géolocalisé pour sa « sûreté ».

Les téléphones et caméras de surveillance renseignent les autorités en temps réle sur notre température, état de santé , etc…

L’information est permanente. Tout est scruté, chaque comportement est pointé du doigt, orienté en fonction des besoins du pouvoir. Le monde politique et médiatique n’est plus séparé , le média est le bras armé de ceux qui décident. Le régime est autoritaire, mais avec l’assentiment du plus grand nombre, apeuré pour sa survie, et donc consentant.

Les Gouvernements alliés aux grands développeurs informatiques utilisent des algorithmes et l’intelligence artificielle dans toutes leurs missions. Le génie de l’être humain qui permet de déléguer des tâches, des raisonnements et des décisions de plus en plus critiques à des machines jugées infaillibles et neutres s’est finalement retourné contre ses libertés individuelles.

On a tous gagné à avoir un diagnostic médical fiable et complet, la voiture autonome pour nous déplacer en toute sécurité ou la personnalisation de notre fil d’activité sur les réseaux sociaux ; mais la police et l’armée ont aussi gagné la possibilité de venir nous informer instantanément par messages, par drones, ou en personne, qu’on n’est pas au bon endroit au bon moment…

La reconnaissance faciale quasi infaillible traque chaque individu.

Dans le moindre recoin de la planète est positionnée une webcam. L’ancien tourisme fait de voyages , avec toujours plus d’avions et de bateaux est réalisé aujourd’hui sur des écrans; plus de risque de disséminer des virus ou des bactéries partout. Les médias nous montrent en temps réel les maladies qui se développent dans telle ou telle région, et alors, on la confine et on cesse tout contact.

Les médias ont montré les bienfaits de l’alimentation locale, avec une production maîtrisée et moins polluante.

D’après eux la vie à l’extérieur est dangereuse.

Les médias, les médias, les médias … Comment vérifier leurs dires? On ne sort presque plus, on interagit virtuellement.

Depuis mon nouveau pays d’accueil, j’observe ce qui se passe dans le monde et la tendance est généralement à un repli sur soi, et Il y a moins d’enfants. La démographie est en chute.

Je pense qu’il faudra plusieurs générations pour retrouver un état de conscience libéré des peurs. C’est le choix des gens, qui ont, à mon sens, oublié le mot liberté.

Petit récit d’anticipation d’Olivier P.

« Sauvons la liberté, la liberté sauve le reste ». Victor Hugo.

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