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Être enfant

Être enfant Posted on 10 mai 2019Leave a comment

Je vais vous raconter une histoire. Je me suis mis à la place d’un enfant d’aujourd’hui.
Je trouve cette démarche importante pour comprendre son fonctionnement et peut-être pouvoir anticiper une possible crise profonde. Je vous invite à lire ce petit récit  attentivement et à l’adapter en fonction de votre situation.

Voici ma petite histoire :

Me voici me voilà, l’enfant tant désiré par mes parents. Je ressens à l’intérieur du ventre tout l’amour et l’attention qui m’attendent à l’extérieur. Mais sont-ils préparés à ce grand chamboulement ? L’expérience qu’ils ont est essentiellement constituée d’histoires vécues ou entendues. Donc néant par rapport à ce qui les attend.

Je suis heureux que ma maman ait arrêté la cigarette et l’alcool durant la grossesse.
La situation amène notamment quelques frictions autour de mon prénom, alors papa, pour atténuer les tensions, va préparer ma future chambre sans trop savoir si je suis un garçon ou une fille.

Le moment venu, (j’ai décidé), c’est le grand jour ! Je vais mettre la tête dehors avec  beaucoup d’appréhension. Branle-bas de combat, maman a perdu les eaux, affolement général, tout le monde est averti : rendez-vous à l’hôpital. Comme tout premier, le travail est long et fastidieux. Je dois faire le passage pour préparer le terrain pour que les suivants aient le moins de difficultés possibles: mes futurs frères et sœurs.

Maman et moi sommes épuisés, mais je vois les sourires radieux des visiteurs de nous voir en bonne santé, même si j’entends des  comparaisons avec certaines personnes de la famille qui ne font pas toujours plaisir.
Après l’accouchement, maman a accepté , à contrecœur, que je passe de bras en bras au risque d’une chute, d’un virus ou d’un parfum malodorant.
Puis, nous voilà enfin seuls, la tension retombe, plus de bruit… enfin presque…quelques sanglots. Normal après toutes ces émotions.

Le séjour à l’hôpital terminé, nous voilà dans la nouvelle demeure, j’impose le rythme des repas, du sommeil et des sorties. Mes parents veulent conserver les mêmes activités qu’avant ma naissance resto café, etc. … ils se rendent à l’évidence que ce n’est pas ma place. Donc la solution: me faire garder par les grands-parents, même si parfois ça peut les ennuyer…ils ne peuvent pas refuser au risque de froisser mes parents.

Très rapidement, ils veulent que je développe mes cinq sens avec les meilleurs produits disponibles. Tout d’abord le goût avec produits frais, ensuite le toucher avec des tissus plus doux les uns que les autres, la vue avec des petits livres, l’odorat avec des parfums et pour finir la musique qui cassera  les oreilles à tout le monde.

Malheureusement cet apprentissage de développement sensoriel  s’arrêtera là, et on me demandera par la suite de masquer mes émotions : comme retenir mes larmes et mes colères, m’empêcher de crier etc. …

Grâce à moi, papa et maman ont de nouveaux amis, rencontrés à la crèche, au sport, au square. Ils partagent mes progrès et d’après leurs discours je suis en avance sur mon âge, mais pas pour très longtemps. Papa est fier de me transporter avec lui comme un trophée, m’habille avec des vêtements tendance, sauf qu’ au moindre accroc sur mes habits, maman crie. Alors, de mon terrain de jeu à l’extérieur, je me retrouve assis sur une chaise avec un smartphone dans les mains, la tranquillité pour tous.

Je ne quitte pas maman, malgré tous les rendez-vous et j’entends par-ci par-là, que je vais avoir un petit frère ou une petite sœur. Tout le monde est enthousiaste, je reste perplexe.

Le jour venu, on me confie et j’apprends que j’ai été exclu de l’événement et que je pourrais voir le nouvel arrivant plus tard. Très rapidement je comprends que j’ai perdu mon premier rôle. Ça fait mal que le nouveau venu soit tout à l’attention de papa et de maman. Alors le seul moyen pour moi d’attirer leur attention, c’est de faire le clown, des bêtises ou de me rendre intéressant. Mais malgré ça, j’agace, j’énerve, je fatigue. Mon comportement s’est inscrit partout : à l’école, au sport, en famille à l’exception d’avec ceux qui me donnent toute l’attention et l’amour que je réclame.

En grandissant je me suis souvenu que papa et maman racontaient à tout le monde qu’après la grossesse ils se mettraient au sport. En fait pas du tout, le soir, ils préfèrent faire l’apéro en espérant se détendre après une dure journée de travail. Et moi la seule solution pour qu’il s’occupe de moi, c’est de partager avec eux les devoirs du soir. Je vous épargne les cris, les disputes et les grosses colères.

Alors pendant ce temps je développe la dextérité des pouces à travers différents jeux en ligne, accompagné de mon repas chips et soda, « loin le temps des petits produits frais ». Aujourd’hui, on me reproche de passer trop de temps les yeux rivés sur mon support numérique, mais je vous rappelle que ce sont mes parents qui m’ont initié. Ils sont le parfait exemple, puisqu’ils font pareil, mais ils ne s’en rendent pas compte.

J’ai de moins en moins de sujet de conversation avec eux, sauf lorsqu’il s’agit de m’acheter des vêtements ou des jeux vidéos. De toute façon, il y a une chose qui me pose problème, c’est lorsque mes parents négocient avec moi les horaires de coucher ou les périodes de wifi, j’ai l’impression d’être étouffé, sachant qu’en plus, ils peuvent savoir à tout instant où je me trouve grâce à la géolocalisation de mon smartphone ou lorsque je suis à la maison, ils peuvent voir mes faits et gestes avec les caméras de la télésurveillance.

J’aurais aimé avoir un centre d’intérêt avec eux, mais dès que je partage une passion, ils sont envahissants ou compétiteurs.
Ils s’inquiètent pour mon avenir, ils ne veulent pas que je subisse les événements comme eux, alors ils me poussent à aller dans les meilleures écoles quitte à se mettre en difficulté financière. Je reste le reflet de leurs réussites.

Je profite également de mes 18 ans pour passer le permis de conduire, mais de nos jours, ce n’est plus une priorité car ça ne correspond plus à la liberté, la seule à nos yeux c’est notre smartphone.

À travers mes études je prends de l’indépendance avec un nouvel appartement en colocation. Je veux prouver que je suis capable de m’assumer  tout seul, quitte à prendre n’importe quel petit boulot. Entre-temps, je reviens à la maison, j’ai encore besoin de me faire chouchouter, même si je sais que j’abuse un peu trop en profitant de la voiture et en prenant la maison pour un hôtel. Mes parents ne se permettront jamais de me faire une remarque sur ma participation physique ou financière au risque de me voir repartir.

Ça y est, je veux présenter à mes parents la personne avec qui je compte faire ma vie, je vois très bien leur jugement , ma relation ne leur donne pas beaucoup d’enthousiasme. Ils auraient préféré mieux, mais une fois de plus je ne leur laisse pas le choix sachant qu’à mon tour notre couple attend un  merveilleux événement «  la roue tourne ». Mais serais-je en mesure d’éduquer moi-même mon enfant ? Peu importe, j’y crois car c’est le plus beau des cadeaux et que j’en garde au final de merveilleux souvenirs.
Le contenu de ce récit peut paraître dur, mais je relate ici des histoires vécues, vous pouvez bien entendu ne pas vous sentir concerné.

Souvent on perd pied dans la gestion d’un enfant et si vous me permettez un conseil, faites attention à votre comportement, il est le miroir dans sa conscience. D’autre part tout le long de son développement, l’enfant a besoin de se sentir en confiance, d’être encouragé, d’avoir des garde-fous et beaucoup d’amour. 

Exercice de méditation.

Installez-vous confortablement, le dos bien droit dans un lieu calme paisible. Fermez les yeux, et demandez vous quel est le message que votre enfant veut vous faire passer selon son attitude négative.
En reproduisant cet exercice régulièrement vous allez avoir une meilleure perception de vos ressentis et également  une augmentation de votre état de conscience dans votre recherche du meilleur rapport parents /enfants.

Autre exercice :

Prenez quelques secondes à tous moments de la journée et essayez d’imaginer quelle activité vous pouvez partager avec votre progéniture.

C’est le début de la pleine conscience.

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