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Confinement et cerveau

Confinement et cerveau Posted on 27 novembre 2020Leave a comment

Je ne sais pas si avec le recul, vous avez observé votre réaction en mars dernier , vos comportements lorsqu’on vous a annoncé que le pays entier devait se confiner. 

Comme beaucoup, j’ai été sidérée . Absence de réaction, état de résignation pour éviter d’être submergée par trop d’émotions car un choc global s’était emparé de tout un peuple. 

Un fléau s’abattait sur nous et il fallait se mettre en ordre de marche pour l’affronter. 

Sauf que mises à part les personnes actives dans ce combat ( personnel soignant, militaires, livreurs, commerces alimentaires…) la plupart d’entre nous était inutile. Impuissante. On nous demandait de ne rien faire. 

Phénomène totalement inédit et un peu angoissant.  

Beaucoup d’entre nous se sont retrouvés ainsi , pendant quelques jours, hagards, agissant de façon un peu machinale. 

Puis petit à petit, une nouvelle routine s’est installée. Sport, cuisine, lecture, apéro, écrans à outrance… Et le télétravail ou les cours à distance pour les plus chanceux . 

Au final, la majorité a modifié ses habitudes et même un peu sa manière de penser. 

Récemment, J’ai eu l’occasion d’écouter un neuroscientifique qui expose les 4 effets d’un confinement sur le cerveau .

  1. Le manque de contact social. On s’est rendu compte qu’en l’absence de contact social, une partie de notre cerveau est fortement stimulée : l’aire tegmentale ventrale, située en plein centre de notre cerveau et constituée d’un amas de neurones. Habituellement mobilisée quand il y a privation de nourriture, on s’aperçoit qu’elle est activée ici en privation sociale : on est en jeûne social. En effet, depuis la nuit des temps, l’homme coopère pour se nourrir. Cette coopération permettait de chasser, trouver de la nourriture pour le groupe. L’isolement est donc synonyme de mort. Notre cerveau crie donc « à l’aide », demande de la coopération. Les rapports sociaux sont essentiels, gravés dans notre fonctionnement et notre développement. La réponse est que le cerveau fait naître un désir. Le besoin de relation sociale est essentiel pour notre survie. Mais un désir doit être assouvi, ce qui n’est pas possible en période de confinement. Si la privation sociale perdure, le désir n’est pas assouvi et le risque est de se rabattre sur des dérivatifs ( nourriture, drogues…).
  2. Le manque de contact physique. Le manque de toucher est très pénalisant dans l’acceptation de la souffrance. Un manque de contact physique accroît la sensation d’angoisse, et même la souffrance physique. Des expériences ont démontré que lors de situations douloureuses vécues par une personne, sa souffrance diminuait lorsqu’on lui prenait la main. 
  3. Les désirs bridés. Le confinement empêche d’aller et venir, de voyager, de rencontrer. Il faut donc de la volonté et du contrôle de soi pour canaliser tous ces désirs . La zone du cerveau mobilisée est le cortex préfrontal. Il permet d’aller contre nos désirs spontanés . Mais à force de lutter contre l’aire tegmentale ventrale, qui crée tous ces désirs, il y a un risque de rebond. La volonté s’épuise, on craque et on donne libre cours à toute envie pour libérer et profiter de la dopamine , qui est l’hormone générée lorsqu’un désir est assouvi, aussi appelée hormone du plaisir. On se jette sur des séries télé, on boit trop d’alcool, on mange trop sucré ou trop salé. Le seul avantage de la situation est qu’au plus on travaille notre cortex prefrontal , au plus on le «muscle » et on augmente notre capacité à la maîtrise de soi.
  4. L’incertitude. Elle réside dans la question « combien de temps ? ». L’être humain est conditionné au contrôle, à la planification . L’incertitude est source de grand stress. On libère des hormones liées à ce stress , ce qui crée de l’angoisse, parfois même existentielle. Face à cette situation, on est tous différent bien sûr. Certains tolèrent bien l’incertitude et même vont jusqu’à l’insouciance. D’autres n’en tolèrent aucune et ce sont eux par exemple qui pillent les rayons de supermarchés à la première alerte. 

Il est donc très intéressant de s’observer et d’analyser nos réactions en ces situations inédites . Ça nous renseigne sur la connaissance de soi . 

Cela fait écho également à une période de la vie qui est vécu pour certains de la même façon qu’un confinement : la vieillesse. Beaucoup de personnes âgées sont isolées, se replient sur elles-mêmes et ne se rendent pas compte qu’elles ont mis en place un processus que les mécanismes du cerveau entretiennent. 

Tentons de tirer du bon de cette période si particulière et restons vigilants car parfois on peut s’isoler sans en prendre conscience. 

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