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Cœur brisé

Cœur brisé Posted on 31 mai 20191 Comment

Cela fait deux mois, que je ressens une vive douleur intense, paralysante et qui semble venir de l’intérieur ( important à savoir : parfois silencieuse et propre à chacun ) aux biceps, triceps, poitrine et omoplate lors d’activité physique comme le vélo, l’elliptique et le rameur, alors que les autres disciplines comme : la musculation et le yoga ne me procuraient aucune gène.

Ces derniers temps, même la marche m’était difficile. J’arrivais tout de même à diminuer les douleurs, en travaillant sur différentes causes émotionnelles, mais ne sachant pas à quoi correspondait mon diagnostic « angine de poitrine, muscle, tension artérielle, sang », il m’était très difficile de pouvoir faire un réel travail dessus. 

Le 6 mai au matin pendant ma méditation, j’ai voulu continuer à travailler sur les possibles causes de ces douleurs et là, j’ai déclenché une douleur permanente. J’ai passé une matinée dans la plus grande difficulté. Le soir bien décidé  à me rendre à ma salle de sport, je me retrouve coincé par un gros 4×4, obligé de faire une embardée et d’éviter un accrochage. Le conducteur du véhicule s’excusant téléphone à la main de son comportement désinvolte. Me voilà immobilisé par un pneu éclaté contre le trottoir «  mes espoirs de me défouler réduits à néant ». Le lendemain, me sentant au plus mal, j’ai attendu 14h pour appeler le cardiologue et lui demander la possibilité d’avancer mon Rdv prévu trois jours après. L’assistante me conseille vivement de me rendre à l’hôpital. 

Aux urgences je suis immédiatement pris en charge et là, je m’aperçois que la responsable du service n’est autre que mon médecin traitant. Un tas d’examens me sont prodigués « électrocardiogramme, prise de sang, radio des poumons etc. …et bien entendu auscultation du médecin. L’ensemble des tests est bon, voire très bon, mais deux heures plus tard, la prise de sang va sceller mon sort, diagnostic de l’urgentiste : « myocardite » c’est une inflammation du muscle cardiaque causé par un virus comme la grippe ou l’angine. Dans la plupart des cas nous nous en rendons pas compte, le corps se rétablit tout seul. 

Il faut me transférer en soins intensifs service cardiologie. 

Ambulance, prévenir les proches, affolement général «  moi qui ai une hygiène assez stricte, oui, mais je peux être affecté ( virus) par une situation qui me tient à cœur ( perte de territoire) et qui dure depuis un certain temps. 

Dans ma nouvelle chambre, interdiction formelle de quitter le lit, cela veut dire que tout doit être exécuté sur un matelas « alimentation, hygiène etc. … » alors que j’ai l’impression d’être au top de ma forme. Échanges avec la famille, les amis, le peu de visite autorisé, la méditation et l’écriture m’aident au quotidien. Mais ceux qui m’aiment! comment vont-ils vivre ce grand désarroi, ceux qui sont très proches et partagent mon quotidien, ceux qui respectent mon intimité et ne veulent pas m’envahir, ceux dont la distance nous sépare, les empêche de venir et ceux qui vont découvrir par les réseaux sociaux et qui vont être bouleversés. Tous, dans le même état d’inquiétude, de désarroi et d’amour profond qui fait oublier sur une période, les tensions accumulées, les colères ou l’oubli d’une personne que l’on aime profondément. Face à la maladie, on peut tout effacer, seule la personne compte. Pourquoi attendre ces moments là pour pardonner «  le pardon c’est une part, du don ». 

Dans ma chambre l’anesthésiste est venu m’informer du déroulement d’une coronarographie, qui a pour but de visualiser l’état de mes artères  coronaires. Les nuits sont difficiles , le temps accumulé dans le lit me procure des douleurs de jambes, de dos, de ventre, de muscle. Mon corps me fait mal, par manque de liberté. Interdiction de m’alimenter puisque l’intervention est prévue dans la journée. Lavage à la Bétadine avec un gant et une bassine, nous ne parlons plus de pudeur ou d’intimité et j’apprendrais plus tard que le dispositif de surveillance vidéo fonctionne en continu. 

« 14 h » approche, mon repas du soir pris la veille à 18h est déjà plus que digéré et là, une infirmière vient me chercher pour descendre au bloc opératoire. Nu comme un ver sous une blouse bleue, je suis installé sur la table d’opération. Tour à tour l’équipe médicale vient se présenter à moi et puis plus rien, un réveil dans les vapes où l’on m’explique le déroulé de l’opération «  ça ne scotche pas ». Je me retrouve dans la chambre mes proches me demandent ce qu’ils m’ont fait, le seul détail dont je me rappelle c’est qu’ils m’ont posé un stent « prothèse qui permet de maintenir un vaisseau sanguin ouvert ». Et là, l’attente de savoir ce qui m’est véritablement arrivé, interminable jusqu’au lendemain. Ma dernière opération, en 2011 d’une tumeur à la mâchoire a entraîné des changements radicaux dans ma vie. Je me pose la question sur quel chemin de vie je vais une nouvelle fois me diriger. 

Jour prévu de sortie, le cardiologue est passé pour m’informer du déroulé de l’intervention. J’ai eu un infarctus ( lorsque le cœur n’est plus alimenté par une artère ) il a dû me poser un stent sur l’artère IVA ( inter ventriculaire antérieure ) atrophiée et je dois mon salut à l’artère latérale gauche qui a créé un pontage naturel pour compenser le manque de flux sanguin. La conséquence de cette intervention : médicaments à vie avec contrôles réguliers chez le cardiologue. Là pour le coup, une heure perdue chez le médecin m’aurait certainement évité d’une part l’arrêt de travail mais également un traitement à vie constitué d’anticoagulant, d’anti-cholestérol, d’aspirine, etc…par prévention. 

De ce fait, il m’annonce qu’il me gardait le week-end sous surveillance. Abasourdi, surpris, étonné, les adjectifs ne manquent pas. Comment j’ai pu être naïf à ce point, j’ai négligé une part importante de moi : la génétique. Alors que le jour même le Doppler donnait un état des artères et veines satisfaisant. Je peux confirmer «  les propos du cardiologue » Ce qui m’a sauvé, malgré mon entêtement, c’est mon hygiène de vie et j’entends à longueur de journée les aides soignantes répéter aux patients arrêtez de fumer, arrêtez le sel rajouté dans les aliments, régime et bien entendu maintenant vous allez vous mettre aux sports. Pourquoi  attendre de vivre une situation dramatique pour prendre conscience de son état de santé. 

Je me refais une multitude de fois le film des événements et je me souviens qu’une semaine plus tôt j’ai été touché par une conjonctivite « affecté par une situation que je voulais pas voir ». J’étais également en colère «  le samedi précédent, je me suis disputé avec un automobiliste presque à en venir aux mains pour une place de parking ». J’étais épuisé «  pneu éclaté » d’une période difficile. Tous les signaux d’alerte que j’avais négligés. 

Me voilà le jour de sortie, comme un enfant qui attend avec impatience les grandes vacances, je n’arrive pas à me projeter plus loin que l’instant de franchir les portes du bâtiment. Je profite de chaque détail avec gourmandise pour me sentir libre. 

Je souhaite du fond du cœur, que mon expérience puisse vous aider à prendre conscience que votre santé à beaucoup plus de valeur et de considération que vous pouvez imaginer. 

Exercice de méditation. 

Installez-vous confortablement, le dos bien droit dans un lieu calme paisible. Fermez les yeux, et profitez tout simplement de cet instant de liberté. 

Autre exercice : 

Prenez quelques secondes à tous moments de la journée et ayez une pensée pour le service médical. 

Merci à tous ces gens, qui se sont occupés de moi et qui peut-être un jour s’occuperont de vous. 

C’est le début de la pleine conscience.

1 comment

  1. Merci Olivier pour votre témoignage intime et digne.
    Nous devons tous apprendre à nous réconcilier avec notre corps en changeant notre façon de le regarder et de l’écouter.

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